Espagne : l’augmentation des dépenses de défense, un débat très sensible
Le premier ministre Pedro Sanchez, qui s’est engagé à augmenter les dépenses de défense à 2 % du produit intérieur brut, se heurte à de nombreux obstacles dans un pays marqué par une grande frilosité sur l’engagement militaire. L’histoire récente du pays explique en partie cette réticence. Pour Rafael Martinez, professeur de sciences politiques à l’université de Barcelone et chercheur au think tank Cidob, spécialiste des relations civils-militaires : « Dans les pays passés d’une dictature à une transition démocratique, les gens de gauche assimilent la défense à un système autoritaire. En Espagne, même si tous les militaires n’ont pas suivi les troupes franquistes au début de la guerre civile, l’image de l’armée soutenant la dictature de Franco est restée». «Les Espagnols ne rejettent pas non plus la légitime défense des Ukrainiens, mais ilsn’aiment pas l’idée qu’une armée soit engagée dans une guerre, avec des connotations impérialistes », assure Rafael Martinez.